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Prévention des chutes chez la personne âgée

Les pédicures-podologues ont un rôle central à jouer dans le maintien de l’autonomie des personnes âgées, notamment pour la prévention des chutes et le maintien de l’autonomie de la marche.

Le pédicure-podologue et la prise en charge de la personne âgée

Qu’il s’agisse de maintenir l’autonomie ou de soigner les personnes dépendantes, les pédicures-podologues doivent faire partie intégrante de l’équipe de professionnels qui accompagne la personne âgée. En coordination avec les infirmiers, médecins, masseurs-kinésithérapeutes et autres praticiens, tous doivent travailler main dans la main pour un meilleur suivi et une meilleure prise en charge.

Le rôle central du pédicure-podologue

Les compétences du pédicure-podologue sont d’autant plus utiles aux patients que ces derniers sont plus âgés, et la part des seniors, on le sait, va croissant dans notre société actuelle. La dépendance commence ou s’aggrave notamment lorsque le patient tend à présenter des troubles de la marche et de l’équilibre.

Le vieillissement de la population.

Notre population vieillit. Ce processus, à l’œuvre depuis de nombreuses années, va se poursuivre et s’intensifier. En 2020, les plus de 60 ans représenteront 40 % de la population, contre 12 % en 1900, 16 % en 1950 et 20 % en 2000.

Les personnes âgées représentent une part importante de la patientèle du pédicure-podologue. Ses compétences sont au service du maintien de l’autonomie puisque le pédicure-podologue intervient sur l’ensemble de l’appareil locomoteur. La marche et l’équilibre peuvent être compromis par des douleurs et affections des membres inférieurs. Parmi les causes principales de trouble de la marche viennent l’arthrose de hanche ou du genou, l’artériopathie des membres inférieurs, les problèmes podologiques divers, les troubles de la statique plantaire ou encore le pied douloureux du vieillard, autant de causes sur lesquelles le pédicure-podologue doit apporter son savoir-faire.

Prévenir les chutes

La prévention des chutes constitue un des premiers leviers pour maintenir l’autonomie de la personne âgée, et c'est un levier sur lequel le pédicure-podologue peut agir.

Les chiffres et les conséquences des chutes parlent d’eux-mêmes. Un tiers des personnes de 65 ans et plus font au moins une chute chaque année. Selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire, les chutes sont responsables de 9000 décès par an. En effet, il y a 450 000 chutes chez les personnes de plus de 65 ans nécessitant le recours aux urgences. 2/4 des chutes se font après 75 ans, (30% d’au moins une chute par an dans cette tranche d’âge) et elles surviennent principalement au domicile (78%)1. L’association entre les troubles de l’équilibre, les troubles statiques et les risques de chutes est étroite et démontrée. Le rôle du chaussage est également essentiel. En France, tous âges confondus, les chutes représentent la première cause de décès par accident de la vie courante. Trois-quarts des décès surviennent chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Elles entrainent environ 450 000 hospitalisations d’urgence chaque année. Les chutes sont l’accident le plus courant (70 %) pour les personnes âgées. Les répercussions secondaires sont multiples, allant des altérations psychiques et psychomotrices à la perte de l’estime de soi, une restriction d’activité et un confinement progressif.

À l’évidence, les savoir-faire du pédicure-podologue - l'adaptation du chaussage, le dépistage et le traitement des affections podologiques - jouent un rôle central dans la prévention des chutes. Malheureusement, les affections podologiques sont souvent négligées et les soins de podologie mal remboursés.

Cela dit, les chutes peuvent aussi résulter de la prise de médicaments, de troubles pathologiques divers, cardiovasculaires ou neurologiques. Elles sont souvent le fait d’une combinaison de facteurs. Cette problématique doit donc être abordée dans une vision globale de la prise en charge de la personne âgée. La coordination des soins et la communication entre professionnels sont primordiales.

1- INVS - BEH thématique 37-38 / 2 octobre 2007 « Epidémiologie et prévention des chutes chez les personnes âgées ».

Des recommandations de la Haute autorité de santé pour la prévention des chutes

La HAS a publié des recommandations intitulées : Le pied de la personne âgée : Approche médicale et prise en charge de pédicurie-podologie.

Ces recommandations, réalisées à la demande de l’Association nationale de recherche et d’évaluation en pédicurie-podologie, concernent la recherche des affections podologiques des personnes âgées et leur prise en charge par les pédicures-podologues. Elles s’appliquent auprès de la population des personnes de 75 ans ou plus ayant la capacité de marcher ou de se tenir debout.

Au-delà de 75 ans, 30 % des patients ne sont plus à même d’assurer seuls les soins d’hygiène, la coupe d’ongles ou la surveillance cutanée de leurs pieds, du fait de troubles visuels, d’incapacité à atteindre leurs pieds, d’une force de préhension insuffisante ou de la présence de troubles cognitifs. La HAS recommande aux médecins de ne pas oublier d’effectuer un examen des pieds, au moins une fois par an, au cours d’une consultation régulière, afin d’identifier les facteurs de risque de complications secondaires avant tout traitement pédicural.

Il est recommandé au pédicure-podologue d’adapter ses techniques en fonction de la présence de troubles neurologiques et vasculaires et en fonction de la prise de médicaments tels que les anticoagulants ou les corticoïdes. Enfin, il est primordial d’éduquer le patient et/ou les aidants à la surveillance des pieds et définir les soins qu’il peut effectuer sans danger.

Ces recommandations détaillent l’examen clinique qui doit être réalisé par le pédicure-podologue. Cet examen clinique complet se porte sur les affections podologiques bien sûr, mais aussi sur les conditions de vie, d’habitat, d’entourage socio-familial (aidants), en particulier lorsque le sujet ne peut lui-même assurer les soins qui lui sont nécessaires, les pathologies associées - diabète, pathologies neurologiques (troubles moteurs, sensitifs ou cognitifs), pathologies vasculaires, allergies, infections. Dans le cadre d’un bilan de chute, on évalue les troubles morphostatiques, les limitations articulaires et la fonction neuromusculaire du pied et de la cheville. On apprécie enfin les habitudes de chaussage. Il est recommandé d’évaluer les capacités fonctionnelles du patient âgé avant et après traitement afin d’identifier le risque de chute et de mesurer l’impact du traitement.

Au cours d’un interrogatoire, le pédicure-podologue doit notamment prendre connaissance :

  • des antécédents de chutes,
  • du périmètre et des aides de marche,
  • du temps passé debout.

Enfin, le pédicure-podologue évalue l’équilibre debout statique, debout dynamique et le retentissement fonctionnel des symptômes du pied sur la capacité de déplacement extérieur et sur les activités quotidiennes, grâce à des tests et des grilles d’évaluation précis.

Le pédicure-podologue agit donc sur l’hygiène cutanée, l’éducation thérapeutique (surveillance quotidienne, hygiène, coupe d’ongles adaptée, gestes à éviter, choix du chaussage, inspection, mise en place d’orthèses, etc.), les techniques pédicurales et orthétiques et les conseils de chaussage. Mais une prise en charge optimale s’inscrit dans une coordination efficace des soins. Pour une prise en charge globale, la HAS recommande d’attacher une importance toute particulière à l’orientation des patients vers les autres professionnels de santé ainsi qu’à la communication entre les acteurs.