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Œuvrer à l'équilibre démographique de la profession

L'offre de soins en pédicurie-podologie, grâce à un maillage territorial largement pourvu, répond aux besoins de la population française. La profession se distingue des autres professions de santé par un sureffectif global qui tend à s'accentuer dangereusement et durablement mettant ainsi en péril l'équilibre économique des praticiens. L'Ordre tire un signal d'alarme sur le risque potentiel de détérioration de la qualité et la sécurité des soins par manque de possibilité d'investissements nécessaires.

L’ONPP se mobilise pour une régulation mesurée et raisonnée de la formation et de l’accès à la profession.

L’évolution de la démographie professionnelle et sa maîtrise constituent un enjeu capital pour l’avenir de la profession et la qualité des soins délivrés aux patients. L’accroissement démographique rapide rend d’autant plus urgente la réflexion concertée au niveau national sur la régulation de la formation et de l’accès à la profession.

L’ONPP plaide pour une meilleure répartition des instituts sur le territoire national. Il s’opposera à toutes nouvelles décisions d’ouverture ou d’extension de centres de formation tant que celles-ci ne feront pas l’objet d’une concertation nationale.

L'ONPP pour une réflexion nationale sur l'équilibre démographique de la profession

une croissance démographique alarmante…

En France, la profession de pédicure-podologue bénéficie d’un maillage de plus de 12 000 praticiens répartis sur l’ensemble du territoire. On compte 1 cabinet pour 5 030 habitants. Mais entre fin 2010 et fin 2013, la population professionnelle a augmenté de plus de 10 %.

L’évolution de la démographie professionnelle et sa maîtrise constituent un enjeu capital pour l’avenir de la profession et la qualité des soins délivrés aux patients. L’accroissement démographique rapide rend d’autant plus urgente la réflexion concertée au niveau national sur la régulation de la formation et l’accès à la profession.

Contrairement à la majorité des autres professions de santé, celle de pédicure-podologue ne connaît pas de désert médical. Les patients ont la garantie d’accéder aux soins dont ils ont besoin, où qu’ils se trouvent en France. Si elle fait ainsi exception dans le champ de la santé publique en France, cette profession est néanmoins confrontée à une surpopulation dans certaines zones, dites surdotées.

La jeunesse de la profession, le recul de l’âge des départs à la retraite, l’accroissement du nombre de diplômés concomitants à l’ouverture de nouveaux instituts de formation, et du nombre de diplômés étrangers ayant obtenu l’équivalence de leur diplôme, expliquent en partie cette évolution.

Avec une croissance annuelle moyenne de 3,5 % de la démographie professionnelle, la surpopulation des zones surdotées continue de s’accroître tandis que de nouvelles zones commencent à devenir excédentaires.

Cette situation entraîne d’ores et déjà une paupérisation de certains professionnels et des difficultés importantes pour les jeunes diplômés à démarrer et à consolider leur activité dans ces zones. L’Ordre tire un signal d’alarme sur le risque potentiel de détérioration de la qualité et la sécurité des soins par manque de possibilité d’investissements nécessaires.

Chaque année, 8 % de jeunes diplômés ne s’inscrivent pas à l’Ordre et n’exercent donc pas. Ce pourcentage risque d’augmenter avec l’élargissement de la capacité d’accueil des instituts français. Le nombre de nouveaux diplômés augmente plus vite que les cessations d’activité : sur les quatre dernières années, il y a eu deux fois plus de professionnels formés qu’il n’y a eu de cessations.

… avec des autorisations d’ouverture d’instituts de formation qui nécessiteraient une coordination au niveau national.

L’ONPP plaide pour une meilleure répartition des instituts sur le territoire national. Il s’opposera à toutes nouvelles décisions d’ouverture ou d’extension de centres de formation tant que celles-ci ne feront pas l’objet d’une coordination nationale.

Dans le cadre des lois de décentralisation, l’État a délégué la formation et l’insertion professionnelles aux régions. La décision d’ouverture d’un institut de pédicurie-podologie relève du président de région. Les élus régionaux sont encouragés à consulter tous lesacteurs et parties prenantes du dossier mais ce n’est pasune obligation. Cependant, avec la loi HPST et la création des ARS, la région est impliquée dans l’organisation d’une offre de soins cohérente à l’échelle de son territoire.

Les ouvertures d’écoles dans des régions déjà excédentaires en termes de population professionnelle est problématique. Les chiffres montrent que la majorité des jeunes diplômés exercent dans un lieu proche de leur formation.

Si aujourd’hui l’obtention d’un numerus clausus semble exclue, la politique de quotas d’agréments techniques par le conseil régional politique et les ARS a prouvé son inefficacité car elle n’a pas réussi à enrayer le problème des zones surdotées. La difficulté d’atteindre un équilibre au niveau national (62 % de l’offre de formation se situe en Ile de France) provient aussi d’un manque de coordination au niveau national, les régions ne prenant pas en compte l’ensemble de la démographie professionnelle.

LE CAS PARTICULIER DES ECOLES ETRANGERES

La directive 2005/36/Ce ne prévoit pas de régime de reconnaissance automatique des diplômes, le « migrant » pouvant être soumis à des « mesures compensatoires » en cas de différences substantielles constatées entre la formation qu’il a reçue et celle requise pour exercer dans le pays d’accueil.

En France, l’analyse des demandes d’équivalence des diplômes d’État a été transférée aux régions. Ce sont les Commissions régionales d’autorisation d’exercice (CRAE) des Directions régionales de la Jeunesse, des sports et de la Cohésion sociale (DRJSCS) qui fournissent les autorisations d’exercice. La décision préfectorale intervient après avis de la commission. Trois cas sont possibles :

– L’autorisation d’exercice est accordée
– L’autorisation d’exercice est refusée
– La mise en œuvre de mesures compensatoires est demandée. En cas de différences substantielles avec les contenus de formation française, l’autorisation d’exercice est soumise à la réalisation de mesures compensatoires. Les candidats peuvent choisir entre la réalisation des stages prescrits ou le passage d’une épreuve d’aptitude.

L’ONPP est favorable à l’européanisation des diplômes et à la possibilité de faire reconnaître une formation, lorsque celle-ci est bien équivalente en termes de savoirs et compétences acquis d’un État à un autre, et que les diplômes délivrés le soient par une autorité compétente du pays d’origine.

L’ONPP reste extrêmement vigilant quant à la qualité des diplômes obtenus à l’étranger et à leur équivalence avec la formation dispensée en France. Dans le respect de ses missions, il veille à la compétence de tous les professionnels exerçant en France.

Rubrique Démographie professionnelle sur le site onpp.fr